Edition découverte 2021

PRATIQUES DE SOINS

Connaître, pour une affection donnée, les signes ou symptômes à surveiller, des conseils non médicamenteux, les traitements de premier choix et ceux à écarter.

Insuffisance cardiaque aiguë avec dyspnée

POINTS-CLÉS

● L’insuffisance cardiaque aiguë est fré­ quente chez les patients âgés avec des antécédents cardiovasculaires. Elle se mani­ feste surtout par une dyspnée aiguë. ● Quand une insuffisance cardiaque aiguë est suspectée chez un patient, un traite­ ment adapté est à débuter sans délai, sans attendre l’hospitalisation. U ne insuffisance cardiaque est une inca- pacité du cœur à assurer un débit san- guin adapté aux besoins de l’organisme. Elle est le plus souvent liée à un mauvais fonctionnement du ventricule gauche, ce qui perturbe sa contraction (alias systole ventri- culaire*) ou son remplissage. Il en résulte schématiquement : – une accumulation de sang en amont du cœur (alias congestion), notamment au niveau pul- monaire ; – un débit sanguin insuffisant vers les organes (alias hypoperfusion) (1). Une insuffisance cardiaque est dite aiguë quand les signes d’insuffisance cardiaque surviennent ou s’aggravent rapidement (1). Ne sont pas abordés ici : les insuffisances ventriculaires droites aiguës isolées ; les in- suffisances cardiaques aiguës chez les femmes enceintes ou qui allaitent ; le traitement des causes d’insuffisance cardiaque aiguë ; le traitement des chocs cardiogéniques. + “Insuffisance cardiaque chronique” Compétence 4 , n° 28, p. 107-112. + “Vivre avec une insuffisance cardiaque” Compétence 4 , n° 5, p. 158.

● En cas de signes de congestion pulmo­ naire, le furosémide par voie intraveineuse est efficace sur la dyspnée. En cas de sym­ ptômes coronariens, la prise sublinguale de trinitrine en ambulatoire semble justi­ fiée, malgré l’absence de preuve d’efficaci­ té. Une oxygénothérapie est à instaurer quand la saturation en oxygène est infé­ rieure à 90 %. – une dyspnée paroxystique nocturne* ; – une dyspnée de décubitus* (1). Une dyspnée d’effort est fréquente, mais c’est un signe peu spécifique (1). Chez un patient dyspnéique, certains signes (cependant peu fréquents) augmentent la probabilité d’une insuffisance cardiaque aiguë : – troisième bruit (alias galop) à l’auscultation cardiaque ; – dilatation veineuse jugulaire qui persiste (alias turgescence des jugulaires) en position demi-assise (1). D’autres signes, moins discriminants, sont parfois associés : – râles crépitants* ; – souffle cardiaque ; – œdèmes des membres inférieurs (1). ou d’œdème interstitiel pulmonaire oriente fortement vers une insuffisance cardiaque ai- guë (1). Dans un contexte clinique évocateur, une augmentation de la largeur de la silhouette du cœur (alias cardiomégalie) ou un épanchement pleural augmentent la probabilité d’une insuf- fisance cardiaque aiguë (1). L’échographie cardiaque est l’examen de référence pour préciser l’état fonctionnel du cœur (1). L’électrocardiogramme (ECG) est surtout utile pour rechercher une coronaropathie* aiguë ou une fibrillation auriculaire, parfois causes d’insuffisance cardiaque aiguë (1). Radiographie thoracique, écho- graphie cardiaque. Une radiogra- phie thoracique qui montre des signes de congestion veineuse pulmonaire

Reconnaître

Dyspnée et signes de conges- tion. Les signes cliniques d’une in- suffisance cardiaque aiguë sont liés au bas débit cardiaque et à la conges-

tion en amont du cœur (1). Les signes évocateurs d’une insuffisance cardiaque aiguë sont :

P age 8 • C ompétence 4 • É dition D écouverte • M ars 2021

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